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Étude

La crise climatique ne divise pas les générations



«Le changement climatique n’est assurément pas quelque chose qui inquiète seulement les jeunes générations – les personnes plus âgées, autant que les jeunes, sont prêtes à supporter de grands changements pour vivre de manière à protéger l’environnement», estime le King’s College. (Photo: Nader Ghavami/Maison Moderne/Archives)

«Le changement climatique n’est assurément pas quelque chose qui inquiète seulement les jeunes générations – les personnes plus âgées, autant que les jeunes, sont prêtes à supporter de grands changements pour vivre de manière à protéger l’environnement», estime le King’s College. (Photo: Nader Ghavami/Maison Moderne/Archives)

Les générations les plus âgées sont souvent perçues comme moins concernées par la crise climatique et environnementale et moins actives dans ce domaine que les plus jeunes. Un préjugé pourtant contraire à la réalité, selon une étude du King’s College de Londres.

La cause environnementale et climatique divise-t-elle les générations? Les jeunes générations accusent souvent les baby-boomers d’être les responsables de la situation critique de la planète et de ne pas prendre la mesure de l’enjeu climatique.

C’est en tout cas un préjugé que bat en brèche l’étude «Who cares about climate change?» du King’s College de Londres publiée en septembre, pour laquelle 2.050 personnes de plus de 18 ans appartenant à quatre générations différentes (baby-boomers, génération X, millennials et génération Z) ont été interrogées.

«Le changement climatique n’est assurément pas quelque chose qui inquiète seulement les jeunes générations – les personnes plus âgées, autant que les jeunes, sont prêtes à supporter de grands changements pour vivre de manière à protéger l’environnement», constate ainsi l’étude.

De fait, à la question de savoir si la crise climatique et environnementale justifie un changement significatif de mode de vie en général, 7 personnes sur 10 au sein de chaque génération répondent positivement – et même un peu plus du côté des baby-boomers.

Il semble malgré cela que les jeunes générations sont davantage persuadées que la cause environnementale doit primer sur la croissance économique: 65% de la génération Z et 57% des millennials sont en accord avec cela, contre seulement 44% des baby-boomers et de la génération X.

Les jeunes générations sont en revanche bien plus fatalistes quant à la croyance en leur capacité d’agir efficacement contre le changement climatique. 33% de la génération Z et 32% des millennials considèrent que changer son comportement ne sert à rien pour lutter contre le changement climatique, contre 22% de la génération X et 19% des baby-boomers. Dans l’autre sens, la différence est encore plus grande, puisque 61% des baby-boomers rejettent cette idée, contre 41% des millennials.

Surtout, le préjugé sur cette dernière question est fort: le panel pense faussement que la moitié des baby-boomers sont résignés quant à leur capacité à agir pour le climat (19% en réalité), contre seulement 30% des autres générations (29% en réalité).

De même, à la question de savoir quelle est la génération la plus à même à avoir boycotté des produits afin d’améliorer la situation, le panel pense que les générations les plus jeunes sont plus susceptibles de l’avoir fait – contrairement à la réalité: ce sont les générations les plus âgées les plus actives dans cette démarche.