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Débat public

Une chance ratée



Nathalie Oberweis: «Déi Lénk plaide depuis plusieurs mois pour la suspension des brevets sur les vaccins anti-Covid. Il n’y a rien de choquant là-dedans; le contexte récent d’une pandé­mie inédite le justifie largement.» (Photo: Anthony Dehez/Maison Moderne)

Nathalie Oberweis: «Déi Lénk plaide depuis plusieurs mois pour la suspension des brevets sur les vaccins anti-Covid. Il n’y a rien de choquant là-dedans; le contexte récent d’une pandé­mie inédite le justifie largement.» (Photo: Anthony Dehez/Maison Moderne)

Depuis des mois, nous baignons dans une fausse sécurité. À chaque discussion, interview, échange autour des mesures anti-Covid, la ministre de la Santé Paulette Lenert (LSAP) nous rappelle que la seule incertitude restante, ce sont les variants. Le virus circule donc, mais pas seulement au Luxembourg.

Nous avons beau discuter toutes les semaines de mesures nationales anti-Covid, aussi longtemps que nous n’aurons pas de solution mondiale pour cette pandémie, le virus et ses variants circuleront.

En fait, il s’agit d’une question de principe: permettre à tout un chacun de se faire vacciner. Que le vaccin soit un bien commun et pour le bien commun. Déi Lénk plaide depuis plusieurs mois pour la suspension des brevets sur les vaccins anti-Covid. Il n’y a rien de choquant là-dedans; le contexte récent d’une pandé­mie inédite le justifie largement.

L’argent public injecté, là aussi, sans précédent dans les industries pharmaceutiques le justifie également. Une soixantaine d’États membres de l’Organisation mondiale du com­merce (OMC) l’exigent. Or, des discussions sont en cours depuis des mois au niveau de l’OMC, sans résultat apparent.

C’est une chance ratée, encore une fois. Une chance ratée de sauver des vies. Une chance ratée pour un multilaté­ralisme au lieu du chacun pour soi. Une chance ratée pour l’Union européenne qui aurait pu se situer internationa­lement comme acteur qui s’engage vraiment et concrète­ment pour un humanisme et des valeurs que nous aimons tant défendre. Une chance ratée de rééquilibrer la relation avec les industries pharmaceutiques qui, elles, ont trop de pouvoir sur les décideurs politiques.

Une chance ratée pour une coopération interétatique dans le domaine de la santé. Une chance ratée également de surtout tirer des leçons de cette pandémie qui n’est pas la première et qui ne sera pas la dernière. Surtout si nous continuons à vouloir foncer à toute vitesse vers un état de normalité apparente que nous avons connu avant le Covid-19. Mais n’oublions pas que c’est cette réalité qui a engendré la pandémie.

Une chance ratée donc de ne pas oublier. De ne pas reproduire les erreurs de l’Histoire.

Cet article a été rédigé pour  l’édition magazine de Paperjam du mois d’octobre  parue le 23 septembre 2021.

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