PLACE FINANCIÈRE & MARCHÉS — Marchés financiers

Prévisions de Quintet

Une croissance tirée par l’innovation de rupture



Jean-François Jacquet, chief investment officer, Luxembourg, chez Quintet Private Bank, pense que les taux resteront bas pour soutenir les plans de relance. (Photo: Quintet)

Jean-François Jacquet, chief investment officer, Luxembourg, chez Quintet Private Bank, pense que les taux resteront bas pour soutenir les plans de relance. (Photo: Quintet)

Dans ses toutes récentes prévisions d’investissement pour 2021, Quintet Private Bank se veut rassurante par rapport à l’inflation, qui ne sera que provisoire. La banque imagine aussi une croissance «différente» après la pandémie.

Les chiffres de la pandémie allant de façon durable dans le bon sens, les prévisions économiques se font désormais plus optimistes. On ne parle évidemment plus de courbe en «V» comme on l’imaginait il y a un an, la crise laissera des traces sur le long terme, mais si la reprise n’est pas aussi fulgurante qu’on l’avait imaginé, la croissance est en tout cas considérée comme certaine.

Quintet Private Bank, qui publie ses perspectives d’investissement, ce mardi 8 juin, a mis en exergue cinq grandes convictions pour l’année 2021. Passons-les en revue avec Jean-François Jacquet, chief investment officer, Luxembourg.

1. Haute pression

«Les pouvoirs publics vont continuer de financer la relance sur une période assez longue, soutenus par les politiques toujours accommodantes des banques centrales», soutient l’économiste.

Contrairement à certains avis, les experts de Quintet estiment que cette politique ne se fera pas au prix d’une inflation trop forte, tout en permettant de retrouver le niveau d’avant-crise. «Il reste suffisamment de capacités de production excédentaires dans l’économie mondiale pour éviter la surchauffe», pointe Jean-François Jacquet.

2. L’inflation, un phénomène passager

Selon Quintet, le rythme de la hausse des prix devrait globalement rester inférieur aux objectifs des banques centrales au cours des prochaines années. «Il existe effectivement aujourd’hui un déséquilibre entre l’offre et la demande, la crise a déstabilisé certains paramètres, comme les coûts de conteneurs, par exemple, qui sont cinq fois plus élevés actuellement.»

Mais tout cela devrait être provisoire, selon M. Jacquet, qui explique aussi la poussée d’inflation par un effet statistique (la comparaison d’une année à l’autre). Et donc par l’écroulement passager des prix du pétrole au cours de la pandémie. Leur remontée provoque de l’inflation, qui devrait donc se stabiliser une fois les points de comparaison redevenus plus stables.

3. Des taux toujours bas

En Europe comme aux États-Unis, les gouvernements ont déployé des programmes de relance extrêmement généreux pour permettre à la machine économique de se dégripper. Selon Quintet, les banques centrales s’abstiendront de relever les taux pour permettre aux États de financer ces plans de relance.

4. Des épisodes de volatilité

La volatilité devrait s’avérer plus élevée sur les marchés au cours des prochains mois, estime Jean-François Jacquet. «Le retour vers la croissance ne se fera pas sans heurts, mais ceux qui misent sur des hausses de taux seront déçus. Chez Quintet, nous ne voyons pas de hausse de taux avant 2022 aux États-Unis, et plus tard encore en Europe.»

La nervosité des marchés se ressentira d’abord sur le marché des obligations, avant de percoler vers les actions. Mais les analystes de la banque luxembourgeoise se montrent globalement optimistes pour les marchés. «Nous conseillons de miser sur les actifs plus risqués comme les actions, les obligations à haut rendement et celles des pays émergents, surtout asiatiques.»

5. Une croissance différente

Le Covid-19 a favorisé l’innovation de rupture, dans le domaine de la technologie, mais aussi dans celui de la science et de la médecine. «Le but est de pouvoir revenir à un niveau de PIB d’avant-crise, mais on n’observera plus le même type de croissance qu’auparavant», note encore Jean-François Jacquet. La croissance sera tirée par les dépenses en capital des entreprises, dans des domaines comme la recherche et développement et l’innovation dans des solutions pour régler les grands problèmes du monde, comme le changement climatique.